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09/06/2010 le moniteur du commerce internationnal
L’année 2009 a été ravageuse pour l’industrie des semi-conducteurs. En effet, selon le cabinet Gartner, les revenus mondiaux de ce secteur ont chuté de 24,1% l’année dernière. En France, le chiffre d’affaires (3,4 milliards d’euros) a également baissé de 16% avec des fermetures annoncées (Freescale) ou des restructurations (Altis, Atmel, NXP). Mais Gartner prévoit une nette embellie cette année avec une croissance de 27,1% (290 milliards de dollars de chiffre d’affaire mondial). Mieux même, le secteur ne devrait pas arrêter de croître jusqu’en 2014.
C’est dans ce contexte que le ministre de l’Industrie a commandé en octobre dernier un rapport rendu public sous le titre de «Les sites français de production micro-nanoélectonique». Premier enseignement, les semi-conducteurs sont très présents dans l’informatique (33%), la communication sans fil et filaire (25%), les produits grand public (18%), l’industriel (11%), et l’automobile (8%). Mais ils vont l’être de plus en plus à brève échéance dans d’autres secteurs comme le médical, l’automobile, et l’industriel.
L’évolution continue des technologies fait que le secteur est à forte intensité de capital et de R&D. Aussi, c’est un monde de géants dominé par les Etats-Unis (17% de production mondiale, mais qui consolident 49% de la production mondiale) et quatre pays asiatiques (Japon, Singapour, Corée, Taïwan). Ainsi l’île taïwanaise est n°2 mondial derrière le Japon pour les semi-conducteurs et n°2 mondial des mémoires DRAM après la Corée du Sud. Le premier européen et cinquième mondial est le franco-italien ST Microelectronics, qui est leader mondial sur les systèmes-sur-puce.
Suite à ce rapport, qui recommande de s’inspirer du site grenoblois de Crolles et de s’orienter vers la micro-nanoélectronique, Christian Estrosi a annoncé un plan de financement de 1 à 2 milliards d’euros sur cinq ans, dont plusieurs centaines de millions d’euros de fonds publics. Ceux-ci viendront du grand emprunt national. Ils seront destinés à financer la R&D dans les puces à valeur ajoutée, à mettre en place des lignes de production innovantes, à développer l’intégration de ces composants dans les produits industriels, et à favoriser un rapprochement entre les industriels de l’électronique et ceux du logiciel embarqué comme Thales. Reste à savoir si l’Asie ne prendra pas la France de vitesse sur ces objectifs.
Jean-François Tournoud
mardi 1 juin VIPress.net
Considéré comme le troisième, voire le deuxième fondeur mondial, Globalfoundries vient d’annoncer un renforcement de ses moyens de production, qui passe par de nouveaux investissements dans ses usines à Dresde, en Allemagne, aux Etats-Unis, dans l’Etat de New York, et à Singapour.
Globalfoundries, le fondeur créé l’an passé à partir des usines d’AMD et de celles de Chartered Semiconductor Manufacturing, a son siège aux Etats-Unis et possède des usines à Singapour, à Dresde et une en construction aux Etats-Unis, dans l’Etat de New York.
A Dresde, le fondeur va accroître ses capacités de production en technologies 45 nm, 40 nm et 28 nm, qui permettront d’ici deux ans de porter la capacité de traitement mensuelle du site à 80 000 tranches de 300 mm de diamètre. Les premiers circuits issus de cette expansion devraient fabriqués dès l’an prochain. Par ailleurs, le site allemand va également abriter le développement initial d’une technologie 22 nm.
Aux Etats-Unis, dans l’unité de production sur tranches de 300 mm de diamètre en construction, Globalfoundries va porter à 60 000 tranches par mois, la capacité de production du site en technologies 28 nm, 22 nm et 20 nm. L’usine devrait être opérationnelle en 2012 pour une production de volume en 2013.
A Singapour, le fondeur va augmenter de près de 50% la capacité de production de sa "Fab 7 » pour la porter à 50 000 tranches par mois. Cette unité de production est spécialisée dans les technologies 65 nm et 40 nm.
Par ailleurs, le fonds d’investissement d’Abu Dhabi ATIC, actionnaire majoritaire de Globalfoundries, va créer à Abu Dhabi un centre technologique avancé dont le but est de créer au Moyen-Orient un centre de développement et de production destiné aux entreprises de haute technologies dans lesquelles ATIC a investi.
Dans son communiqué de presse, Globalfoundries ne dévoile pas le montant de ces nouveaux investissements, mais EETimes croit savoir qu’ils pourraient représenter 3 milliards de dollars sur plusieurs années.
Le secteur des semi-conducteurs vient de vivre une année terrible, avec un chiffre d'affaires en chute de 16 % en France, à 3,4 milliards d'euros. En cinq ans, la dégringolade des ventes frôle les 40 %. L'usine Freescale de Toulouse, 820 salariés, doit fermer en 2011. Altis, Atmel, NXP ont dû restructurer leurs sites. En octobre, Christian Estrosi a donc commandé un rapport et un plan d'action à Laurent Malier, le directeur du CEA-Leti, plate-forme de recherche publique qui travaille en étroite collaboration avec les industriels du pôle micro-nanoélectronique de Grenoble-Crolles.
Je suis en mesure de vous annoncer un plan de financement de 1 à 2 milliards d'euros sur cinq ans, dont plusieurs centaines de millions d'euros de fonds publics. Nous disposons déjà d'atouts solides dans ce domaine et mon objectif est que la France devienne l'un des cinq pays leaders du secteur, avec les Etats-Unis, la Corée ou Taïwan. Pour y parvenir, nous allons mobiliser le « volet numérique » de l'emprunt national. Dès les tout prochains jours, une consultation va être ouverte dans ce cadre, en lien avec Nathalie Kosciusko-Morizet et avec René Ricol, qui gère l'enveloppe de l'emprunt national. L'objectif est de définir les modalités des appels à projet qui seront lancés d'ici à l'été.
Il y a plusieurs leviers d'action. L'enjeu est d'abord de financer les projets de R & D afin de positionner la France sur les puces à valeur ajoutée. Mais cela pourrait également se traduire par la mise en place de lignes de production « pilotes », prototypes des usines de demain, ou encore par l'accompagnement de l'intégration de ces composants « intelligents » dans les produits industriels. Si nous ciblons la micro-nanoélectronique, c'est parce que les puces électroniques sont présentes dans toutes les filières, de l'aéronautique aux télécoms. Sans la microélectronique, pas de freinage ABS ou de navigation GPS dans votre voiture. Enfin, je souhaite un rapprochement entre les acteurs de l'électronique et les grands acteurs du logiciel embarqué comme Thales. Il ne faut pas que chacun travaille de son côté. Quand on veut vendre des systèmes intelligents pour l'automobile ou l'aéronautique, il faut proposer ensemble la puce et le logiciel.
Il va sans dire que l'emploi sera l'un des enjeux forts des appels à projet. Mais il est impossible de chiffrer les effets dans le seul secteur de la micro-nanotechnologie. Ce plan va bénéficier à de nombreuses filières. Il faut comprendre que nous vivons une révolution industrielle comme celle de la fin des années 1960. Pendant vingt ans les gouvernements successifs ont abandonné l'ambition de bâtir une politique industrielle véritablement dynamique. Je souhaite, d'ici à 2015, accroître la production industrielle de 25 %. Avec ce programme, j'ai pour objectif de freiner radicalement la chute des emplois industriels. Et je veux tout faire afin que la France se positionne efficacement au niveau international…
Photo : AFP/Fred Dufour
Une réunion exceptionnelle du comité d'entreprise se tiendra le mercredi 26 mai 2010
Ordre du jour :
1. Point sur le projet de construction du nouvel Altis.
2. Consultation sur le projet d'accord de fourniture de tranches entre IBM, Infineon et Altis au delà du 31 mai 2010 (articles L2323-6 et L2323-19 du Code du Travail).
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