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par Clément Guillou
PARIS, 28 septembre (Reuters) - La gauche peine à s'unir à Corbeil-Essonnes (Essonne) en vue du second tour de l'élection municipale partielle face à l'UMP Jean-Pierre Bechter, un fidèle de
l'ex-maire et homme d'affaires Serge Dassault, qui a viré en tête dimanche.
Les listes communiste, socialiste et écologiste sont arrivées dans cet ordre dimanche au premier tour, obtenant à elles trois 51% des voix.
Mais si les trois candidats s'accordent pour dénoncer le "système Dassault", le communiste Michel Nouaille (24,33%), le socialiste Carlos Da Silva (19%) et le candidat Europe Ecologie Jacques
Picard (7,76%) n'avaient toujours pas trouvé d'accord lundi à la mi-journée en vue de second tour dimanche prochain.
Face à eux, Jean-Pierre Bechter, 30,75% des voix, prépare la fusion avec la liste de l'ancien premier adjoint Jean-Michel Fritz (9,64%) et compte sur le report des 4,63% d'une autre première adjointe, Nathalie-Boulay Laurent. Il se régale d'être opposé au PCF plutôt qu'au PS, aiguise sa rhétorique anti-communiste et joue sans fard la carte Dassault.
En juin, le Conseil d'Etat a annulé la très courte victoire (50,65%) aux élections de mars 2008 du sénateur-maire UMP et ancien P-DG du groupe Dassault AVMD.PA , le déclarant inéligible pour achat de voix de même que son adversaire du deuxième tour, le communiste Bruno Piriou, accusé de n'avoir pas respecté les comptes de campagne.
Les deux hommes ont cependant soutenu publiquement les nouveaux candidats du parti présidentiel et du PCF.
DASSAULT QUITTERAIT CORBEIL EN CAS D'ÉCHEC
Jean-Pierre Bechter ne cache pas que Serge Dassault sera en première ligne cette semaine dans la campagne électorale et à l'avenir dans la gestion de la mairie, s'il l'emporte.
"Je suis là pour laver l'honneur de Serge Dassault. Si je l'emporte, il aura une place prééminente à tout point de vue. Si on perd, il n'est plus à Corbeil-Essonnes lundi matin", a-t-il dit à
Reuters.
Et de mettre dans la balance l'avenir de l'usine Altis Semiconductor, le fabricant de puces électroniques de Corbeil dont la reprise est en négociation depuis près de deux ans.
Selon Jean-Pierre Bechter, Altis représente 3.000 emplois directs et indirects et 18 millions d'euros de taxe professionnelle par an pour la commune.
"Comme le repreneur est un de mes amis, il ne viendra que si je suis élu", menace Jean-Pierre Bechter, qui refuse de révéler l'identité du possible repreneur, de
nationalité française.
"Etre face aux communistes m'avantage considérablement. Je ne crois pas que Corbeil en veuille. (...) J'ai une telle haine du communisme que je le connais par coeur", poursuit-il.
Le PS et Europe Ecologie, déçus par leurs scores respectifs dimanche, ont demandé à Michel Noaille "une fusion à la proportionnelle" en vue du deuxième tour, refusée par le PCF.
"Nous sommes en train de discuter très difficilement sur une fusion", a dit à Reuters le Vert Jacques Picard, qui soupçonne les communistes d'être prêts à perdre cette élection pour retenter leur chance dans huit mois.
Bruno Piriou et Serge Dassault ne seront alors plus inéligibles et le conseil municipal pourrait être dissous pour provoquer de nouvelles élections.
"D'un côté et de l'autre, il y a deux hommes qui n'attendent que d'en redécoudre. (...) La non-dissolution du conseil dans un an ferait partie d'un accord de fusion", affirme-t-il.
(Edité par Sophie Louet)
((Service Informations générales. Tel: 01.49.49.53.68 paris.newsroom@reuters.com. Reuters Messaging: clement.guillou.reuters.com@reuters.net))
La haine est engendree par la peur de l inconnu.